Douleur antérieure

By Riccardo Sacco, Chirurgien Orthopédiste

19 février 2026, Paris


Douleur antérieure du genou et arthrose fémoro‑patellaire isolée, un diagnostic parfois énigmatique…

L’arthrose du genou correspond à une usure du cartilage qui recouvre les surfaces articulaires. Chez certains patients, cette usure ne touche pas tout le genou : elle peut se limiter à la zone antérieure située entre la rotule (patella, en photo) et la trochlée du fémur, on parle alors d’arthrose fémoro‑patellaire isolée.

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Lorsque les traitements conservateurs (rééducation, infiltration, perte de poids, adaptation des activités) ne suffisent plus à soulager la douleur antérieure du genou, deux options chirurgicales sont envisageables : remplacer uniquement la partie abîmée (PFA : prothèse fémoro‑patellaire) ou remplacer tout le genou (PTG : prothèse totale du genou).

La question est donc : faut‑il réparer uniquement la zone malade ou remplacer l’ensemble de l’articulation ? La question reste ouverte : il est essentiel de sélectionner soigneusement le patient le plus adapté à chaque procédure et de discuter avec lui des attentes, des bénéfices et des risques propres à chacune des deux options thérapeutiques.

Patella:

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Dans cet article que j’ai publié en février 2026, très récemment, je partage les conclusions tirées de mon expérience de fellowship en chirurgie robotique, au cours de laquelle j’ai eu l’occasion de collaborer étroitement avec le Professeur Paolo Adravanti et le Dr Andrea Tecame  avec qui est née une collaboration scientifique fructueuse ayant conduit à cette publication. L’article a été invité par la prestigieuse revue Archives of Orthopaedics and Trauma Surgery, l’un des journaux de référence en chirurgie orthopédique internationale.


Alors, que nous apprend la littérature scientifique ? C’est précisément l’objet de cette revue. Elle intègre les études les plus actuelles, incluant les données massives des grands registres nationaux qui recensent près de 10 000 prothèses fémoro‑patellaires (PFA) et plus de 800 000 prothèses totales du genou (PTG).

Lire l’article: https://link.springer.com/article/10.1007/s00402-026-06217-3

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Prothèse fémoro‑patellaire (PFA) ou Prothèse totale du genou (PTG) pour une arthrose fémoro‑patellaire isolée ??

Résultats cliniques (PROMs): dans les deux premières années, les patients ayant une PFA présentent souvent de meilleurs résultats fonctionnels et une récupération plus rapide que ceux opérés par PTG. Cet avantage peut durer jusqu’à six ans selon certaines études, mais à moyen terme (3–6 ans), les résultats tendent à s’équilibrer entre les deux techniques. 👉 Niveau de preuve modéré : issu d’essais randomisés, mais avec des résultats parfois divergents.

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Taux de survie de l’implant: les études cliniques montrent des taux de révision similaires à court terme ; cependant, les registres nationaux indiquent une fréquence de reprise plus élevée après PFA : environ 10 % à 5 ans et 15 % à 10 ans (contre 4–5 % pour la PTG). 👉 Niveau de preuve modéré : données globalement cohérentes, mais avec biais possibles (taille d’échantillon, sélection des patients, expérience du chirurgien). En résumé : la PFA offre une meilleure récupération initiale au prix d’un risque plus élevé de réintervention sur le long terme.

Sélection des patients! Les résultats de la PFA dépendent surtout du bon choix du patient :

  • Moins de 55 ans : amélioration fonctionnelle marquée, mais risque de progression de l’arthrose tibio‑fémorale.
  • Plus de 76 ans : excellente survie de l’implant et satisfaction fonctionnelle élevée.
  • 56–65 ans : risque plus important de révision ; indication prudente.
  • Obésité : moins bons résultats et plus de reprises chirurgicales.

Candidat idéal  pour PFA?!

Patient non obèse, arthrose strictement fémoro‑patellaire, genou bien aligné et stable, sans atteinte tibio‑fémorale visible.

Les contre‑indications classiques incluent une instabilité ou un défaut d’alignement non corrigé, une rotule basse, une flexion limitée (< 110°) ou une contracture en flexion > 10°, et une arthrose tibio‑fémorale plus avancée qu’un grade 1.
Un chirurgien expérimenté (> 5 PFA/an) améliore la qualité des résultats.

Questions encore ouvertes:

  • Des études randomisées de grande ampleur et longue durée sont nécessaires pour comparer les PFA modernes aux PTG actuelles.
  • Il faut développer des modèles prédictifs pour estimer la progression de l’arthrose tibio‑fémorale après PFA.
  • Les patients opérés d’une PTG secondaire après PFA sont parfois moins satisfaits que ceux ayant eu une PTG d’emblée — ce point reste à confirmer.
  • L’assistance robotique dans la PFA n’a pas encore démontré de bénéfice clair sur le taux de révision précoce.

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