Technique chirurgicale
L’incision est réalisée en regard de la déformation, centrée sur l’articulation interphalangienne proximale. Elle peut être longitudinale, offrant une meilleure exposition mais avec un risque plus important de rétraction cicatricielle, ou elliptique, plus esthétique mais un peu plus limitée en termes d’exposition.
Le tendon extenseur et la capsule dorsale peuvent être réséqués en ellipse, puis les ligaments collatéraux sont libérés après mise en flexion de l’articulation afin d’exposer la tête de la phalange proximale. Les condyles sont ensuite réséqués à la pince-gouge ou à la scie oscillante, en évitant toute résection excessive pour ne pas raccourcir l’orteil.
Il s’agit d’une chirurgie **à la carte**, adaptée à chaque déformation. Selon la raideur, l’ancienneté et les déséquilibres tendineux associés, plusieurs gestes complémentaires peuvent être nécessaires au cours de la même intervention, avec parfois plusieurs petites incisions et différentes libérations ou sections tendineuses pour obtenir une correction satisfaisante.
Test peropératoire
Le push-up test (cheville en position neutre) permet de vérifier la correction de la déformation de l’orteil et l’absence de subluxation de l’articulation métatarso-phalangienne. Si une flexion résiduelle persiste, 2 à 3 mm d’os supplémentaires peuvent être réséqués, et/ou une ténotomie du tendon long fléchisseur des orteils peut être réalisée, par la même voie dorsale ou par une petite voie percutanée plantaire.
En revanche, s’il existe une instabilité de l’articulation métatarso-phalangienne, notamment en cas de subluxation ou de luxation, un geste complémentaire plus proximal peut être nécessaire. Cela peut imposer une incision supplémentaire au niveau de la métatarso-phalangienne afin de libérer les tissus rétractés, corriger l’instabilité et recentrer correctement l’orteil.
Fixation et fermeture
La fermeture est assurée par des points en U (PDS ou Nylon 3-0/4-0) incorporant le mécanisme extenseur. Selon le type de déformation et la stabilité obtenue en fin d’intervention, aucune fixation complémentaire n’est parfois nécessaire.
Dans d’autres cas, notamment pour les déformations plus sévères ou plus instables, une broche de Kirschner peut être utilisée pour maintenir la correction de façon temporaire. Elle présente l’avantage d’être simple à retirer secondairement en consultation.
Enfin, lorsque l’on souhaite obtenir une fusion de l’articulation interphalangienne proximale (arthrodèse de l’IPP), un implant d’arthrodèse peut être indiqué.
Déjà opéré(e) avec une perte de contrôle des orteils ?
Cela peut correspondre à un orteil flottant (flail toe). Demandez l’avis du Dr Sacco pour un bilan spécialisé.